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D'une ville sainte à l'autre
Cap au nord, d'Omkareshwar à Orchhâ, d'une ville sainte à l'autre : sacs lourds « comme des chevaux morts », un tuk tuk au chauffeur « gueule de pirate des Caraïbes, doux comme une colombe », un train toutes fenêtres ouvertes. Au bout de la piste, une minuscule école — la stupeur des enfants, des rires, et Joba qui danse, la grâce et le divin.
Le mot de Sylvain
14/03/2019. Sur la route du retour, cap au nord, d'Omkareshwar à Orchhâ, d'une ville sainte à l'autre. Ça commence à pied, à traîner nos sacs lourds comme des chevaux morts (J. Hallyday), puis tuk tuk — le chauffeur, gueule de pirate des Caraïbes, doux comme une colombe —, ensuite trois heures de bus au klaxon corne-de-brume, enfin le train, ballottés toute la nuit toutes fenêtres ouvertes, arrivée à trois heures du mat. Sur le quai de la gare de Jhansi il fait froid ; des hordes de voyageurs, de mendiants, d'illuminés dorment à même le béton. Des échoppes s'ouvrent, on boit le café et le thé pendant des heures, on attend le jour, le soleil, la chaleur. Restent 30 km en tuk tuk, secoués comme des pruniers sous les dents de la tronçonneuse. Orchhâ, nous voilà. Orchhâ, 16/03/2019 : une minuscule école dans un minuscule village, financée par quelques Indiens du coin, au bout de la piste, chaotique et poussiéreux, absolument authentique. Les enfants, leur stupeur à notre vue : ni cris ni bousculade, juste cette incrédulité dans leurs yeux. Tout le village. Le show : des rires, des ho et des ha, et de la frayeur diffuse — un magicien est dans nos murs… Puis Joba danse, la grâce et le divin, et voilà. C'est comme retrouver de vieux amis.
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